Le secret inavouable du marketing : nous ne sommes pas (encore) écoresponsables
- 26 févr.
- 5 min de lecture

Le monde du marketing adore parler de durabilité.
On lance des produits bios, on vante les mérites d'emballages recyclés et on raconte de magnifiques histoires sur ces marques qui font le bien. Mais voici la vérité qui dérange : le marketing lui-même est intrinsèquement gaspilleur. Ce n'est pas par insouciance, mais parce que l'industrie s'est bâtie sur le volume, la portée et la répétition.
Des dépliants jamais lus. Des articles promotionnels qui finissent à la poubelle. Des courriels qui s'accumulent dans les boîtes de réception. Et même si le marketing numérique semble plus « propre » que les déchets physiques, il laisse derrière lui une empreinte bien réelle que nous ignorons trop souvent.
Vos courriels n’encombrent peut-être pas votre boîte aux lettres physique, mais ils consomment de l’énergie. Chaque impression publicitaire, chaque tableau de bord de campagne, chaque « petite retouche » repose sur une infrastructure numérique monumentale qui vrombit en coulisses.
Le coût réel du « statu quo »
La publicité numérique représente aujourd'hui environ 2 % à 4 % des émissions mondiales, soit l'équivalent de l'industrie de l'aviation. Chaque fois qu’une publicité s'affiche, des centaines de serveurs communiquent en quelques millisecondes pour déterminer qui remporte l'emplacement. Ce processus se répète des millions de fois par jour, alimenté par des centres de données qui nécessitent des quantités colossales d'électricité et d'eau pour rester au frais.
Pendant ce temps, les consommateurs observent. Près de 80 % d’entre eux affirment que la durabilité influence leurs décisions d'achat, pourtant peu de marques comptabilisent le coût environnemental de la mise en marché de ces produits.
Le marketing physique n'est pas en reste non plus. Les conférences en sont le parfait exemple. Des milliers de personnes qui prennent l'avion. Des kiosques remplis de brochures, de cartes de visite, de dépliants et d'affiches. Selon Adobe, la plupart des cartes de visite en papier sont jetées en moins d’une semaine, ce qui contribue à l'abattage de millions d'arbres chaque année pour du matériel qui crée rarement un impact durable.
La question n'est pas de savoir si le marketing a une empreinte. C’est de se demander si tout ce bruit sert réellement à quelque chose.

Le numérique n'est pas un laissez-passer
Passer au numérique ne règle pas tout par magie. Une heure de vidéoconférence en haute définition peut générer jusqu'à 1 000 g de CO2. Même les plus petites habitudes s'additionnent.
Des chaînes de courriels interminables. Des invitations de calendrier qui auraient pu être évitées. Douze personnes qui répondent « merci ! » au même fil de discussion. Une étude a révélé que si chaque Britannique envoyait un seul courriel inutile de moins par jour, on économiserait plus de 16 000 tonnes de carbone annuellement.
Ça semble insignifiant, jusqu'à ce qu’on change d'échelle. Le gaspillage numérique est plus silencieux que celui du papier, mais il n'en est pas moins réel.
La question de l'IA (et notre position réelle)
Si nous parlons de consommation d'énergie, nous ne pouvons ignorer l'éléphant dans la pièce : l’intelligence artificielle.
Le marketing est actuellement obsédé par l'IA, et avec raison. Utilisée judicieusement, elle permet de gagner du temps, d'extraire des données précieuses et d'éliminer la friction des tâches répétitives. Mais utilisée de manière indiscriminée, elle devient une autre couche de consommation invisible.
On estime qu'une seule requête d'IA peut consommer beaucoup plus d'énergie qu'une recherche traditionnelle. Les centres de données qui alimentent ces outils nécessitent un refroidissement constant, utilisant souvent des litres d'eau par kilowattheure.
Chez l’agence On Point, nous ne pensons pas que la solution soit de rejeter l'IA. Ce serait irréaliste et peu constructif. Le problème n'est pas l'outil lui-même, c’est le réflexe de l'utiliser pour tout et n'importe quoi.
L'intentionnalité est la clé. L'IA doit soutenir la réflexion, pas la remplacer. Parfois, une conversation de cinq minutes avec un collègue est plus rapide, plus claire et bien moins gourmande en ressources que de générer dix requêtes pour arriver au même résultat.
Ce n’est pas du pessimisme. C’est un défi de design.
Voici le point crucial : il ne s'agit pas de faire honte ou d'exiger des sacrifices. Il s'agit de mieux concevoir écoresponsables
Le marketing le plus durable est généralement le plus réfléchi. Moins de matériel. Moins de campagnes. Des idées plus claires. Quand un concept est bien conçu, il n’a pas besoin de hurler. Il n'a pas besoin d'être imprimé dix fois ou diffusé sur tous les canaux pour être efficace.
C'est là que la créativité devient un avantage stratégique. Pas la créativité comme décoration, mais comme forme de retenue, de clarté et d'intention.
Plus intelligent ne veut pas dire plus petit. Ça veut dire meilleur.
Quelques changements que nous encourageons :
Repenser l’objet promotionnel.
Si c'est pour finir aux poubelles, ne l'imprimez pas. Utilisez des points de contact numériques ou offrez quelque chose que les gens gardent vraiment. Une boîte de menthes est plus efficace qu'une pile de cartes de visite.
Filtrer le contenu stratégiquement.
Arrêtez de distribuer des présentations papier de 20 pages que personne ne veut transporter. Utilisez un code QR pour recueillir un courriel et envoyez le contenu numériquement. Vous réduisez le gaspillage et vous obtenez un vrai prospect qualifié au lieu d'un simple coup d'œil.
Pratiquer la sobriété numérique.
Toutes les tâches n’ont pas besoin d'être automatisées. Utilisez l'IA là où elle apporte de la valeur, pas seulement du volume.
Le mode hybride n’est pas un compromis.
Envoyer la moitié de votre équipe à un événement plutôt que tout le monde peut réduire considérablement les émissions liées aux déplacements sans perdre en expertise ou en présence.
Choisir ses matériaux avec soin.
Quand un support doit absolument être physique, évitez les finis qui rendent le recyclage impossible. Les encres végétales et les pelliculages recyclables peuvent être tout aussi prestigieux sans condamner le matériel au dépotoir.
Une voie plus intentionnelle et écoresponsables
Chez l’agence On Point, nous ne prétendons pas avoir tout compris parfaitement. Nous apprenons, testons et ajustons nos méthodes aux côtés de nos clients. Mais nous savons une chose : les campagnes les plus efficaces et les plus audacieuses sont souvent celles qui génèrent le moins de gaspillage.
Si vous souhaitez auditer votre stratégie actuelle ou explorer comment croître sans brûler des ressources inutilement, nous serions ravis de vous aider.
Bâtissons des campagnes qui travaillent plus fort, durent plus longtemps et laissent une empreinte plus légère. La créativité n'est pas le problème. C'est la solution.
Et si les agences avaient des deuxièmes prénoms, le nôtre serait Créative.
Agence Créative On Point. On vous laisse là-dessus.


